La Plume et La Salamandre
Articles publiés dans la presse et articles de blog
dimanche 21 juin 2026
Trois hommes, trois destins
Ces trois résistants ont combattus
les trois lors de la Première Guerre mondiale et ils se sont retrouvés ensemble à Montluc entre la s et juin 1944.
Marc Bloch est fusillé le 16 juin 1944.
Eugène Dargaud meurt dans le dernier train pour Dachau en juillet 1944.
Seul Julien Combes survit. Il sort le Montluc le 3 septembre 1944 à la Libération de Lyon.
L’historien qui a troqué sa plume pour un fusil : l'incroyable destin de Marc Bloch.
Professeur, héros des deux guerres, martyr de la liberté. Connaissez-vous l’histoire de Marc Bloch ?
Marc Bloch n’était pas un historien comme les autres. Pour lui, l'Histoire ne se regardait pas depuis une tour d'ivoire, elle se vivait sur le terrain.
1914-1918 : le laboratoire des tranchées.
Mobilisé comme sergent, il vit l'enfer du front (la Marne, la Somme). Quatre citations, la Légion d’honneur. C'est là, au milieu des soldats de toutes classes, qu'il comprend que la véritable Histoire est celle du peuple et des mentalités, pas seulement celle des rois.
1940 : l'injustice.
Professeur mondialement reconnu et cofondateur de la révolutionnaire école des Annales, il est brutalement banni de l’Université par les lois antisémites de Vichy. On lui propose de fuir aux États-Unis. Sa réponse ? Un refus catégorique. On n'abandonne pas son pays en plein naufrage.
1943 : l'armée des ombres.
À 56 ans, ce père de 6 enfants plonge dans la clandestinité à Lyon. Sous les noms de code "Arpajon" ou "Narbonne", il devient l'un des chefs de la Résistance locale. Pas de privilèges : il court les rues sous la pluie, transporte des tracts et organise les réseaux.
16 juin 1944 : Le sacrifice ultime.
Arrêté et torturé par la Gestapo de Klaus Barbie, il ne livre aucun secret. Fusillé dans un champ avec 29 de ses camarades, il prend la main d'un jeune résistant de 16 ans pour le rassurer avant la rafale. Ses derniers mots : « Vive la France ! »
Pourquoi son histoire résonne encore ?
Parce que Marc Bloch a prouvé qu’un intellectuel n'est pas juste un observateur. En alignant sa vie, ses idées et ses actes jusqu'au bout, il est devenu le symbole absolu du courage républicain.
Pour cet immense héritage, il reposera désormais au Panthéon.
Une plaque oubliée sous la végétation dans une impasse du 3e arrondissement de Lyon. Derrière elle ? Le destin brisé d'un géant de la Résistance.
Qui se souvient d'Eugène Dargaud ? Ni grand discours, ni fleurs, cet artisan-fabricant de jouets a pourtant tout sacrifié pour notre liberté.
1917-1918 : le Poilu courageux.
Mobilisé à 19 ans dans l'infanterie alpine, Eugène vit l'enfer du Chemin des Dames et des Vosges. Sa bravoure sous les bombardements toxiques lui vaut la Croix de Guerre. Mais son plus grand combat est encore à venir...
1939 : des jouets à la clandestinité.
Devenu fabricant de jouets en peluche au 15 bis, impasse Saint-Eusèbe à Lyon, Eugène refuse de se soumettre à l'Occupation allemande. Ce militant socialiste choisit immédiatement l'action de l'ombre.
1942 : la voix de la liberté.
Il participe à la reconstruction clandestine de la Fédération du Rhône de la SFIO. Surtout, c'est lui qui met en contact le réseau d'Henri Frenay avec les imprimeurs lyonnais pour diffuser les journaux clandestins majeurs : Combat, Les Petites Ailes et L'Insurgé.
10 mai 1944 : le terminus.
La Gestapo brise son réseau. Eugène est arrêté dans sa fabrique de la rue Saint-Eusèbe et jeté dans l'enfer de la prison de Montluc. Il ne parlera pas.
2 juillet 1944 : mourir pour que vivent nos libertés.
Déporté vers Compiègne puis entassé dans le terrible convoi de 2 400 hommes en direction du camp de Dachau, Eugène meurt asphyxié dans le wagon. Sans sépulture.
Pourquoi son histoire compte aujourd'hui ?
Parce que la Résistance s'est faite grâce à ces milliers de citoyens ordinaires devenus extraordinaires. Grâce à la mobilisation locale, sa plaque commémorative a été sauvée des démolitions pour que personne n'oublie son nom.
Eugène Dargaud (1898-1944) : mort sur la route des bagnes nazis.
Mécanicien des as de l'aviation en 14-18, chef de la Résistance dans la Drôme en 1943. Plongez dans l'histoire fascinante d'un homme d'honneur qui a tout sacrifié pour la liberté.
Parfois, la grande Histoire se cache au cœur de nos arbres généalogiques. Découvrez le parcours exceptionnel de Julien Combes.
1914-1915 : des blessures au front
Élève ingénieur aux Arts et Métiers né en Algérie, Julien est mobilisé comme infirmier militaire. Blessé par un éclat d'obus à la jambe en 1915 puis frappé par la tuberculose, rien ne brise sa volonté de servir.
Le mécanicien des Cigognes.
Reconnu à nouveau apte, ses compétences techniques d'ingénieur l'amènent vers une unité mythique : l’Escadrille des Cigognes. Jusqu’à la fin de la Grande Guerre, c'est lui, dans l'ombre, qui assure l'envol des as de l'aviation française.
1942 : le Commandant de l'ombre.
Alors qu'il est chef d'entreprise et industriel à Valence, la Seconde Guerre mondiale le rappelle au devoir. À 48 ans, il refuse de rester spectateur. Il plonge dans la clandestinité et devient le chef départemental du mouvement "France d'abord" dans la Drôme.
Face à la Milice et à la Gestapo.
Traqué, Julien Combes est arrêté à trois reprises : par les Italiens, par la milice, puis livré à la Gestapo. Jeté dans l'enfer de la prison de Montluc à Lyon, il tient bon sans jamais trahir, jusqu'à la libération de la prison le 24 août 1944.
Un grand homme désintéressé.
Nommé Commandant pour ses faits d'armes, décoré de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre, il retournera à sa vie civile à Valence en refusant catégoriquement tout dédommagement financier pour ses années de combat. Un patriote pur.
La mémoire est un devoir. En partageant l'histoire de nos aïeux, nous faisons vivre les valeurs de courage et d'abnégation qui nous permettent d'être libres aujourd'hui.
Julien Combes : soldat sans uniforme, héros de la Drôme.
jeudi 18 juin 2026
L'appel du 18 juin et Marcel Jasserand
🎖️ Hommage à Marcel Jasserand : L'esprit du 18 juin incarné à Varces
« Tous les officiers, soldats, marins, aviateurs français, où qu'ils se trouvent, ont le devoir de résister à l'ennemi. »
— Général de Gaulle, 18 juin 1940.
Ces mots historiques, le Varçois Marcel Jasserand ne s'est pas contenté de les écouter : il les a vécus dans sa chair.
Fait prisonnier à la bataille de Narvik en 1940, ce chasseur alpin du 13ème BCA a choisi la voie du courage le plus pur. Refusant de travailler pour l'ennemi, il s'évade à trois reprises. Un choix héroïque qui lui vaudra d'être déporté en Ukraine, au camp de représailles de Rawa-Ruska — ce « camp de la mort lente » où l'enfer quotidien n'a jamais brisé sa résilience.
Un destin gravé dans l'histoire de notre commune
Après 6 ans de captivité, Marcel est revenu parmi les siens à Varces. Époux de Suzanne, père de Marc, il est devenu une figure incontournable de notre vie locale :
Adjoint au maire, engagé pour sa commune.
Président de l'Umac, veillant au devoir de mémoire.
Dernier prisonnier de guerre varçois, décoré de la croix du combattant et de la médaille de la Résistance.
Marcel Jasserand s'est éteint un 3 juin, à l'aube du 60ème anniversaire du Débarquement. Homme généreux, actif et profondément attaché à sa famille, il reste pour Varces-Allières-et-Risset un exemple absolu de dignité et de patriotisme.
En ce jour de commémoration de l'Appel du 18 juin, souvenons-nous de son courage. Ne l'oublions jamais. 🇫🇷
lundi 6 avril 2026
mercredi 23 octobre 2024
Prends ta caravane et suis les...
Été 2022, peur sur la ville.
Tellement de peur et de suspicion sur nos pauvres petits réseaux sociaux de Varces-Allières-et-Risset.
Depuis l'arrivée dimanche dernier, d'un groupe de voyageurs, tout ce qui arrive dans la commune semble être de leur faute. C'est tellement pratique.
La peur des gitans est toujours bien ancrée dans nos sociétés et certainement à l'origine de tous ces propos déplacés.
Pourquoi ne pas profiter de leur présence dans notre village, pour raconter leur histoire à nos enfants, de leur origine en Inde jusqu'à nos jours, de leur parler de Charlie Chaplin, Stephan Eicher ou encore des Gipsy Kings. Leur dire qu'ils furent les premiers à disparaitre dans les camps de concentration, et enfin apprendre la tolérance à nos enfants.
Ce post de groupe Facebook me valut beaucoup de réactions négatives, que j'ai oubliées sauf une :
" Prends ta caravane et suis les "
Chiche !
vendredi 10 août 2018
Médicaments anti Alzheimer : la double peine
Que fait une pharmacienne en vacances ?
Elle entre chez des confrères car forcément elle a oublié quelque chose de super important dans sa trousse d'urgence...
C'est ainsi que je me suis retrouvée dans la file d'attente d'une pharmacie de Saint-Lô, derrière un patient âgé auquel le pharmacien expliquait que "le médicament pour la mémoire" n'était plus remboursé depuis le 1er août 2018.
Je suis devenue ce patient pendant quelques instants et j'ai ressenti la cruauté de cette mesure de déremboursement.
La double peine :
- il n'existe pas de traitement efficace à 100%.
- il faut maintenant payer le médicament car le médecin maintient la prescription.
La Fédération des centres mémoire, La Fédération française de neurologie, la Société française de neurologie, la Société française de gériatrie et de gérontologie, et la Société Francophone de psycho-gériatrie et psychiatrie de la personne âgée, déclaraient dans un communiqué en mai 2018 : "Selon plusieurs méta-analyses, les médicaments symptomatiques qui pourraient ne plus être remboursés demain, ont prouvé leur efficacité sur la cognition dans la maladie d'Alzheimer et la maladie à corps de Lewy"
Elle entre chez des confrères car forcément elle a oublié quelque chose de super important dans sa trousse d'urgence...
C'est ainsi que je me suis retrouvée dans la file d'attente d'une pharmacie de Saint-Lô, derrière un patient âgé auquel le pharmacien expliquait que "le médicament pour la mémoire" n'était plus remboursé depuis le 1er août 2018.
Je suis devenue ce patient pendant quelques instants et j'ai ressenti la cruauté de cette mesure de déremboursement.
La double peine :
- il n'existe pas de traitement efficace à 100%.
- il faut maintenant payer le médicament car le médecin maintient la prescription.
La Fédération des centres mémoire, La Fédération française de neurologie, la Société française de neurologie, la Société française de gériatrie et de gérontologie, et la Société Francophone de psycho-gériatrie et psychiatrie de la personne âgée, déclaraient dans un communiqué en mai 2018 : "Selon plusieurs méta-analyses, les médicaments symptomatiques qui pourraient ne plus être remboursés demain, ont prouvé leur efficacité sur la cognition dans la maladie d'Alzheimer et la maladie à corps de Lewy"
dimanche 8 janvier 2017
De l'Escadrille des Cigognes à France d'abord
De l’escadrille des cigognes jusqu’aux FTP, le parcours d’un homme d’honneur
Julien Combes, le cousin germain de Marie Clément l'arrière grand-mère de mon mari, nait le 9 mars 1894 à Ain Beida, en Algérie où son père est juge de Paix.
Ain Beida, Algérie
Elève ingénieur des Arts et Métiers, son dossier militaire nous révèle qu’il obtient un sursis d’incorporation en 1914, certainement en raison de ses études. Il est finalement incorporé à compter du 18 septembre 1914, à la 21ème section d’infirmiers militaires de Constantine qu’il rejoint le 1er février 1915.
Une promotion des Arts et Métiers d'Aix en Provence
Les infirmiers sont recrutés parmi les soldats sachant lire et écrire et n’ayant subi aucune condamnation. L’instruction technique des infirmiers des SIM est à la fois théorique et pratique. Elle est donnée avec l’instruction professionnelle (peloton d’instruction) et concerne plus particulièrement la 2ème partie du manuel relative à la tenue des cahiers de visite et à l’établissement des bons et des relevés des prescriptions, à l’hygiène hospitalière, à l’asepsie et à l’antisepsie, à la petite chirurgie, à l’hydrothérapie et aux bandages.
Julien est blessé le 8 août 1915 à la jambe – blessure superficielle à la jambe gauche par éclat d’obus ; il est évacué le jour même. Réformé temporairement le 15 septembre 1915 pour une tuberculose pulmonaire, il se retire à Sedrata, en Algérie. Reconnu apte au service armé par la commission de réforme de Constantine le 15 décembre 1915, il réintègre la 21ème SIM le 28 décembre 1915 puis la 25ème SIM basée à Tunis, le 10 février 1916.
Marseille
Dirigé en renfort vers la métropole, il embarque pour Marseille, le 27 juillet 1916. Il se retrouve alors affecté à la 15ème SIM le 28 juillet 1916.
Emblème de l'Escadrille des Cigognes
Il est ensuite dirigé vers le 3ème groupe d’aviation puis l’Escadrille des Cigognes du 2ème groupe d’aviation dans laquelle il est mécanicien jusqu’à la fin de la guerre.
Il réintègre une SIM, la 7ème section, le 1er janvier 1919 puis il est envoyé en congé illimité de démobilisation.
Désigné pour être mis à disposition de la 11ème section de Chemin de Fer de Campagne le 12 décembre 1921, il passe ensuite dans la réserve du 7ème RTA le 12 juillet 1924. Passé par changement de domicile dans la subdivision de Romans le 30 janvier 1925, il est affecté dans les réserves du 31ème régiment de Tirailleurs Nord Africains, en 1925.
Malgré une invalidité due à un emphysème, mais inférieure à 10% et sans signes de bronchite, il passe au recrutement de Valence le 1er mai 1932 et il est affecté au CM d’Infanterie n°144 (Comité de maintien de l’Ordre).
Appelé comme réserviste, le 2 septembre 1939, il est classé en affectation spéciale au titre du tableau 3 de la 14ème région comme industriel et chef d’entreprise à Valence. Il est renvoyé dans ses foyers le 31 octobre 1939.

Il rejoint la résistance à l’âge de 48 ans. Il devient par la suite le chef departemental du mouvement France d'abord.
Arrêté par la milice puis livré à la Gestapo, il est prisonnier à Montluc jusqu’à la libération de la prison par les résistants.
Le journal des FTP
Arrêté successivement le 12 juin 1943, le 25 août 1943 puis le 20 juin 1944, il est libéré le 24 août 1944. Le grade attribué par la commission nationale en vue de la liquidation de ses droits est celui de commandant. Titulaire de la carte de combattant volontaire de la résistance n° 015687.
La prison de Montluc, Lyon
Julien Combes est cité à l’ordre du régiment, le 31 décembre 1947 par le ministre des Forces Armées : « Chef départemental de « France d’abord » dans la Drôme, il a pris une part considérable à l’organisation de la résistance dans ce département ; il fut arrêté deux fois par la milice et emprisonné en juin 1944. Il fut à nouveau arrêté par la Gestapo et enfermé à Montluc jusqu’à la libération de la ville ».
Cité à l’ordre de la division le 1er octobre 1948, par décision du Ministre des Forces Armées : « Chef départemental du mouvement de résistance « France d’abord » par son activité, son sens de l’organisation et son dévouement, il était parmi les plus ardents soldats sans uniforme ; arrêté par deux fois par les Italiens en 1943, il fut à nouveau arrêté le 20 juin 1944 par la milice qui le remet à la Gestapo. Enfermé à la prison de Montluc, il fut libéré le 24 août 1944 à la libération de Lyon. Ayant cependant abandonné toute activité professionnelle, il refuse tout dédommagement ».
Son dossier militaire donne son signalement : « cheveux châtain, yeux bleus et taille 1.66 m, front vertical et grand ».
Sa profession après la 1ère guerre mondiale figure également dans son dossier militaire ; « Ingénieur en chef et directeur de l’atelier de fabrication de Valence ».
De nombreuses décorations et citations sont à son actif : Croix du Combattant Volontaire 39-45 , Chevalier de la légion d’honneur le 14 juin 1951, Croix de Guerre avec étoiles d’argent, Médaille de la Victoire et Médaille de la Commémoration.
On suit la trace de cet d’homme d’exception jusqu’en 1951 mais il reste néanmoins probable qu’il ait repris sa vie à Valence, comme chef d’entreprise.
La quête continue et il n’est pas impossible que les archives nous livrent d’autres secrets…
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