De l’escadrille des cigognes jusqu’aux FTP, le parcours d’un homme d’honneur
Julien Combes, le cousin germain de Marie Clément l'arrière grand-mère de mon mari, nait le 9 mars 1894 à Ain Beida, en Algérie où son père est juge de Paix.
Ain Beida, Algérie
Elève ingénieur des Arts et Métiers, son dossier militaire nous révèle qu’il obtient un sursis d’incorporation en 1914, certainement en raison de ses études. Il est finalement incorporé à compter du 18 septembre 1914, à la 21ème section d’infirmiers militaires de Constantine qu’il rejoint le 1er février 1915.
Une promotion des Arts et Métiers d'Aix en Provence
Les infirmiers sont recrutés parmi les soldats sachant lire et écrire et n’ayant subi aucune condamnation. L’instruction technique des infirmiers des SIM est à la fois théorique et pratique. Elle est donnée avec l’instruction professionnelle (peloton d’instruction) et concerne plus particulièrement la 2ème partie du manuel relative à la tenue des cahiers de visite et à l’établissement des bons et des relevés des prescriptions, à l’hygiène hospitalière, à l’asepsie et à l’antisepsie, à la petite chirurgie, à l’hydrothérapie et aux bandages.
Julien est blessé le 8 août 1915 à la jambe – blessure superficielle à la jambe gauche par éclat d’obus ; il est évacué le jour même. Réformé temporairement le 15 septembre 1915 pour une tuberculose pulmonaire, il se retire à Sedrata, en Algérie. Reconnu apte au service armé par la commission de réforme de Constantine le 15 décembre 1915, il réintègre la 21ème SIM le 28 décembre 1915 puis la 25ème SIM basée à Tunis, le 10 février 1916.
Marseille
Dirigé en renfort vers la métropole, il embarque pour Marseille, le 27 juillet 1916. Il se retrouve alors affecté à la 15ème SIM le 28 juillet 1916.
Emblème de l'Escadrille des Cigognes
Il est ensuite dirigé vers le 3ème groupe d’aviation puis l’Escadrille des Cigognes du 2ème groupe d’aviation dans laquelle il est mécanicien jusqu’à la fin de la guerre.
Il réintègre une SIM, la 7ème section, le 1er janvier 1919 puis il est envoyé en congé illimité de démobilisation.
Désigné pour être mis à disposition de la 11ème section de Chemin de Fer de Campagne le 12 décembre 1921, il passe ensuite dans la réserve du 7ème RTA le 12 juillet 1924. Passé par changement de domicile dans la subdivision de Romans le 30 janvier 1925, il est affecté dans les réserves du 31ème régiment de Tirailleurs Nord Africains, en 1925.
Malgré une invalidité due à un emphysème, mais inférieure à 10% et sans signes de bronchite, il passe au recrutement de Valence le 1er mai 1932 et il est affecté au CM d’Infanterie n°144 (Comité de maintien de l’Ordre).
Appelé comme réserviste, le 2 septembre 1939, il est classé en affectation spéciale au titre du tableau 3 de la 14ème région comme industriel et chef d’entreprise à Valence. Il est renvoyé dans ses foyers le 31 octobre 1939.

Il rejoint la résistance à l’âge de 48 ans. Il devient par la suite le chef departemental du mouvement France d'abord.
Arrêté par la milice puis livré à la Gestapo, il est prisonnier à Montluc jusqu’à la libération de la prison par les résistants.
Le journal des FTP
Arrêté successivement le 12 juin 1943, le 25 août 1943 puis le 20 juin 1944, il est libéré le 24 août 1944. Le grade attribué par la commission nationale en vue de la liquidation de ses droits est celui de commandant. Titulaire de la carte de combattant volontaire de la résistance n° 015687.
La prison de Montluc, Lyon
Julien Combes est cité à l’ordre du régiment, le 31 décembre 1947 par le ministre des Forces Armées : « Chef départemental de « France d’abord » dans la Drôme, il a pris une part considérable à l’organisation de la résistance dans ce département ; il fut arrêté deux fois par la milice et emprisonné en juin 1944. Il fut à nouveau arrêté par la Gestapo et enfermé à Montluc jusqu’à la libération de la ville ».
Cité à l’ordre de la division le 1er octobre 1948, par décision du Ministre des Forces Armées : « Chef départemental du mouvement de résistance « France d’abord » par son activité, son sens de l’organisation et son dévouement, il était parmi les plus ardents soldats sans uniforme ; arrêté par deux fois par les Italiens en 1943, il fut à nouveau arrêté le 20 juin 1944 par la milice qui le remet à la Gestapo. Enfermé à la prison de Montluc, il fut libéré le 24 août 1944 à la libération de Lyon. Ayant cependant abandonné toute activité professionnelle, il refuse tout dédommagement ».
Son dossier militaire donne son signalement : « cheveux châtain, yeux bleus et taille 1.66 m, front vertical et grand ».
Sa profession après la 1ère guerre mondiale figure également dans son dossier militaire ; « Ingénieur en chef et directeur de l’atelier de fabrication de Valence ».
De nombreuses décorations et citations sont à son actif : Croix du Combattant Volontaire 39-45 , Chevalier de la légion d’honneur le 14 juin 1951, Croix de Guerre avec étoiles d’argent, Médaille de la Victoire et Médaille de la Commémoration.
On suit la trace de cet d’homme d’exception jusqu’en 1951 mais il reste néanmoins probable qu’il ait repris sa vie à Valence, comme chef d’entreprise.
La quête continue et il n’est pas impossible que les archives nous livrent d’autres secrets…

