jeudi 16 juillet 2026

Eugène Dargaud

Voici un résumé détaillé et structuré de l'article de Michel Salager (publié en 2007) consacré à Eugène Dargaud, un résistant lyonnais tombé dans l'oubli. 1. La redécouverte d'un patriote oublié En 2003, l'auteur découvre par hasard une plaque commémorative discrète au 15 bis, impasse Saint-Eusèbe (Lyon 3e), un secteur alors en pleine restructuration urbaine. Grâce à l'intervention du Comité d'Intérêts Locaux (CIL) et de la mairie de Lyon, cette plaque a pu être sauvegardée lors des travaux de démolition/reconstruction et a été replacée sur la façade du nouvel immeuble en août 2007. 2. Jeunesse et Première Guerre mondiale Origines : Eugène Dargaud naît à Lyon 3e le 24 mars 1898. Fils de François Dargaud (cordonnier) et de Marie Danjoux, il grandit au sein d'une famille installée de longue date avenue Félix Faure. Le Poilu : Appelé dans la classe 1918, il est incorporé en avril 1917 au 97e Régiment d'Infanterie (Chasseurs alpins). Il combat sur plusieurs fronts majeurs (Chemin des Dames, Vosges, Flandres). Distinctions : Promu maréchal des logis (fourrier) dans le Train, sa bravoure au combat lui vaut deux citations, la Croix de Guerre avec étoile de bronze et la Médaille de la Victoire. 3. L'industriel et l'entrepreneur De retour à la vie civile, il s'engage dans le commerce et l'artisanat : De 1928 à 1937/1938, il gère une entreprise de bijouterie fantaisie puis de jouets. En 1939, il transfère sa fabrique de jouets en peluche au 15 bis, impasse Saint-Eusèbe, dont il devient propriétaire. 4. Le militant socialiste et le résistant Mobilisé brièvement comme adjudant en 1939, il s'engage activement dans la clandestinité après la défaite de 1940 : La SFIO clandestine : ancien trésorier fédéral de la SFIO (Parti Socialiste), il participe en mai 1942 à la reconstitution clandestine de la Fédération du Rhône. La presse clandestine : lié au réseau Combat, il joue un rôle de facilitateur de premier plan. C'est lui qui met en contact l'imprimeur militant Joseph Martinet avec Berty Albrecht et Henri Frenay pour permettre l'impression des journaux clandestins (Les Petites Ailes, Combat, L'Insurgé). 5. Arrestation, déportation et destin tragique L'arrestation : Eugène Dargaud est arrêté par la Gestapo le 10 mai 1944 dans la rue Saint-Eusèbe pour « activité anti-allemande ». L'internement : Il subit un court séjour à la prison de Montluc à Lyon (écroué le 22 mai très certainement après avoir subit interrogatoires et tortures dans les sous-sols de L'École du Service de Santé Militaire (printemps 1943 – 26 mai 1944) avis personnel NV) avant d'être transféré à Compiègne (au camp de Royallieu) le 19 juin 1944. La mort dans le « Train de la mort » : le 2 juillet 1944, il fait partie d'un convoi de 2 400 détenus entassés dans des wagons à destination de Dachau. Eugène Dargaud meurt étouffé/asphyxié le jour même du départ, durant le transport. Il est déclaré officiellement décédé le 2 juillet 1944 par un jugement du Tribunal Civil de Lyon en 1946. Il est mort pour la liberté sans jamais avoir eu de sépulture.

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